FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILM ET VIDEO DE CREATION
Nouvelles images en mouvement


3ème édition

Du 6 au 9 mai 2008
A l'Académie Libanaise des Beaux-Arts - Sin el Fil - Liban

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PRESENTATION

3ème Edition
Mai 2008

2ème Edition
Mars 2006

1ère Edition
Avril 2004

 

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PROGRAMME
A CAUSE DE LA SITUATION AU LIBAN (MAI 2008), CETTE PARTIE EST PRESENTEE LE 14 JUIN 2008 - 18h-19h45

 

..né.à Beyrouth
Certaines éditions de la vie d’un festival pèsent un poids symbolique plus lourd. L’été 2006, « ..né.à Beyrouth » n’a pas eu lieu. Le rendez-vous était prévu, comme depuis cinq ans, fin août. Mais fin août 2006, à Beyrouth, il n’y avait plus cette énergie suffisante pour remonter techniquement un festival de cinéma sept jours à peine après la fin des combats.
L’édition 2007 a été sa revanche. Elle ne devait ressembler en aucun cas à ce qu’aurait du être le 6ème
…né à Beyrouth s’il s’était déroulé. Les mêmes raisons qui ont poussé la manifestation à être repoussée d’un an la rendent aujourd’hui cruciale et sont au centre des films présentés. Pour autant, « ..né.à Beyrouth » ne tient pas particulièrement à jouer le rôle (vaguement malsain) du « festival de la guerre en images », mais il est toutefois évident que tout film libanais récent porte en lui, et à sa façon, la marque de la succession d’événements qui auront secoué le Liban depuis 2005. Au moins reconnaît-on un évènement à cela : il est toujours à plus ou moins long terme un déclencheur, appelant une nécessité à filmer pour témoigner, pour réapprendre à voir et surtout pour se poser à soi même tout un régiment de questions: à quoi ressemble ma ville dont on me dit qu’elle est aussi une nation ? Quelles sont les dernières générations qui ont connu la paix, rien que la paix ? Peut-on encore se parler ? Quel est le goût du moujadara ce matin?

Quels points de vues verra-t-on se croiser, ici ? Les évènements des deux dernières années racontés de toutes les façons possibles (jusqu’au paradoxe : raconter qu’il est impossible de raconter), l’histoire dans son chaos mais aussi dans sa banalité la plus simple (un jour comme les autres), l’histoire quand elle se transforme en géographie intime. A quoi s’est rajoutée toute une poignée de films solitaires qui, sans le savoir, tentaient les uns les autres de réinventer du lien entre les générations, par la parole comme par l’archive, ou qui expriment le besoin de remonter loin dans l’archéologie civile libanaise, voire bien avant la guerre de 75, la mémoire comme contrepoint naturel à une situation qui aura bouché l’horizon. Tout cela braillant en liberté comme toute psychanalyse collective et à ciel ouvert.

On a l’habitude de dire que le Liban subit les guerres des autres; on verra dans ces films la guerre de chacun. C’est presque la même chose. Ce n’est pas loin d’être l’inverse.

 

La liste des vidéos :

 

HOME MOVIES, NAB
Musique par Zeid Hamdan

Ils nous viennent du passé, mais ce sont nos amis, nos parents, nos amoureux... Et ce sont des acteurs magnifiques filmés par d’ingénieux inconnus. Voici une curieuse sélection de films, tournés par des libanais amateurs entre les années 50 et les années 80, en Super 8 et en 8mm.
Des films à part entière. Nous les programmons aujourd’hui pour pousser l’horizon de notre cinéma. Car, hélas, cet art n’a jamais été bien considéré dans notre pays. Aujourd’hui, les réalisateurs et les réalisatrices ont une faim de filmer. Car filmer est une Nécessité. Rien que pour cette année, nous avons reçu une quarantaine de courts-métrages, faits avec les moyens du bord. Ce chiffre est un manifeste à lui seul. En attendant que ce miracle trouve les moyens à sa juste hauteur, nous sommes allés piocher dans le cinéma intime, une mémoire magique et vulnérable, avec ses étoiles filantes...

Dans notre société, l’intime n’a pas voix au chapitre. C’est honteux de s’exposer hors des cadres conventionnels. Les films à la première personne sont très peu nombreux. Par cette section, nous réhabilitons un culte de soi, tout à fait digne et moderne. Car quoi de plus banal que de filmer quelqu’un qui mange ou qui dort… De la télé-réalité en quelque sorte.

À la différence que dans ces films amateurs, les gens se connaissent et s’aiment. Cet amour du réalisateur pour son acteur est celui du père pour son fils, de la jeune fille pour son fiancé, du jeune homme pour sa voiture… L’amour est la raison d’être de chaque plan.

Et à travers ces films d’amour, nous regarderons défiler notre histoire. Nous découvrirons une ville intacte telle qu’on peut seulement l’imaginer. Nous revisiterons toute une époque, de fêtes et de falbalas, à jamais révolue. Nous rentrerons dans l’intimité des gens qu’on ne connaît pas et dont on ne saura jamais ce que la guerre a fait d’eux. Des visages familiers qui ressemblent étrangement à ceux qui nous entourent. De mystérieux étrangers qui, à la fin de chaque séance, deviennent des amis.

Ces films trouvés pour beaucoup sur le marché du dimanche, au fond des boutiques, oubliés dans des cartons, racontent notre vie, nos romances, nos anniversaires, nos vacances, nos voyages… Des histoires anodines peut-être, mais dont on n’aurait jamais soupçonné la richesse sur pellicule.

Pour vous les montrer, nous les présentons en cinq sections. Nous les avons peu remontés, pour ne pas les dénaturer, partant du principe que les gens qui les ont filmés les ont voulus ainsi. Hormis le plaisir de cinéma que ces films nous procurent, ils portent en eux la preuve que les souvenirs de nos parents sont sensés. La preuve qu’avant la guerre, notre pays était beau. La preuve d’un passé haut en couleurs!

 

LA MARCHE TURQUE, Ziad Antar
2006 - Liban
3 min / vidéo / couleur / sans dialogues
scénario Ziad Antar/ image Ziad Antar / son Ziad Antar / montage Ziad Antar

« La Marche Turque » est une vidéo expérimentale de 3 minutes. Elle se compose d’un seul plan-séquence dans lequel nous voyons les mains d’un pianiste jouant La Marche Turque de Mozart. Nous n’entendons pas la musique produite par les cordes du piano; nous entendons seulement le son des doigts qui tapent sur les touches du piano, formant une percussion qui joue et reproduit la musique de La Marche Turque.

 

LE BAISER, Chadi Aoun
2005 - Liban
5 min / animation / noir & blanc / sans dialogue
scénario Chadi Aoun / production yelo studio / image Chadi Aoun / son Chadi Aoun / montage Chadi Aoun / effets spéciaux Chadi Aoun

Sous un ciel étoilé, quelque part en Orient, deux silhouettes se rapprochent l’une de l’autre: les images d’un amour d’une seule nuit.

 

RAWANE’S SONG, Mounira Al Solh
2006 - Hollande
7 min / digital / couleur / V.O EN –ST anglais
scénario Mounira Al Solh / image Mounira Al Solh / son Boban Bajic / montage Mounira Al Solh / musique Lina Badr

À travers une histoire fictive et une paire de chaussures rouges, cette vidéo parle de manière ironique de l’identité et de la guerre. La fiction n’est pas tout à fait fictive et le plaisir du jeu n’est pas toujours aussi enjoué qu’elle ne le suggère.

 

WIDE POWER, Khaled Ramadan
2006 - Liban-Denmark
12 min / digital / couleur / V.O EN - ST anglais
scénario Khaled Ramadan / production Chamber of public secrets / image Khaled Ramadan / son Stine Hoxbroe / montage Khaled Ramadan

Dialogue visuel sur la représentation de soi et d’autrui, ce film vidéo de 12 minutes parle du pouvoir des lentilles ou des objectifs, de la représentation et du souvenir. La vidéo porte sur la lutte pour ou contre la représentation de soi. Il aborde d’une manière narrative la notion du pouvoir visuel et le risque de détourner la documentation visuelle, la mettant en quelque sorte au service de « l’orientalisme ». Elle raconte l’histoire d’un créateur de vidéos, Khaled D. Ramadan, qui avait grandi dans le chaos et la confusion de la guerre civile libanaise et dont la vie avait été structurée et marquée par les faits de guerre. En tant que créateur de vidéos et que photographe, Ramadan établit des parallèles entre les images de lui-même prises par les autres et celles qu’il prend lui-même des autres.

 

MDARDARA, Ziad Antar
2006 - Liban
3 min / super 8mm / couleur / sans dialogues
scénario Ziad Antar/ image Ziad Antar / son Ziad Antar / montage Ziad Antar

En guise de prolongement de son travail sur l’espace quotidien et domestique et sur la limite entre la vidéo d’un artiste et le « comment faire » une vidéo, l’artiste crée un produit qui ressemble à une recette de Mdardra (plat moyen-oriental à base de lentilles et de riz). Filmé avec une caméra Super 8, lumière naturelle, cette courte vidéo présente un diagramme illustré d’une grande sobriété.

 

BEIRUT, Elie Dagher
2007 - Liban
4 min / animation / couleur / sans dialogue
scénario Elie Dagher / production Alba / image Elie Dagher/ son Elie Dagher / montage Elie Dagher / musique Mewar / effets spéciaux Elie Dagher

Dans un temps où les réserves d’eau de Beyrouth sont taries, les habitants de la ville sont plongés dans le chaos et la folie...

 

WASSAT BAYROUT 1992, Rachad El Jisr - Akram Zaatari
10 min / super 8 / noir & blanc / silencieux / 1993 / Liban

 

JEUNES ET INNOCENTS, Nadim Tabet
2006 - Liban
42 min / digital / couleur / V.O FR/AR – ST anglais
scénario Nadim Tabet / production ..né.à Beyrouth / son Sandra Tabet / montage Sabine Pagliaruci / musique Scrambled Eggs

Le film suit la déambulation d’adolescents à travers les rues de Beyrouth, après la guerre de l’été 2006.

 

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